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Saint Stanislas Kostka

patron de la Pologne et des jeunes de Pologne

Il est né le 28 décembre 1550 à Rostkow (actuellement un district de Przasnysz de la voïvodie de Mazowsze, dans le centre-est de la Pologne).  Fils de Jean, châtelain de Zakroczym, et de Margaret de Kryski (de Drobin). Les proches de la famille occupaient des postes éminents à cette époque. Stanislas a eu trois frères : Paul (décédé en 1607), Adalbert (décédé en 1576) et Nicolas, et deux sœurs dont nous connaissons le nom d’une seule : Anne. L’histoire ne nous a pas transmis des détails sur l’enfance de Stanislas. D’après les actes de son procès de béatification, nous savons qu’il était très sensible. Lors de diverses réceptions données par le père, auxquelles Stanislas a dû parfois participer, Monsieur Kostka demandait à ses hôtes d’être mesurés dans leurs propos afin de ménager la susceptibilité du jeune Stanislas. Au début de sa scolarité, Stanislas suivait à la maison des leçons d’un précepteur. Mais à l’âge de 14 ans, le père l’envoie à Vienne, avec son frère Paul, pour continuer sa scolarité dans des écoles tenues par les jésuites. Les deux frères arrivent à Vienne le lendemain du décès de l’empereur Ferdinand, c’est-à-dire le 24 juillet 1564. A cette époque, les écoles viennoises jésuites jouissent d’une notoriété. Les élèves participaient à la Messe quotidienne et au moins une fois par mois, ils recevaient le sacrement du pardon et la Communion. Il y avait une habitude de prier avant et après chaque cours. En première année, les élèves suivaient des cours de grammaire, en deuxième de sciences libres, et en troisième de rhétorique. Les débuts de la scolarité de Stanislas n’étaient pas brillants, car il n’avait pas reçu de bonne préparation à Rostkow natal. Néanmoins, à la fin de sa troisième année d’études, il comptait parmi les meilleurs. Il parlait couramment le latin et l’allemand et il comprenait le grec. Pour témoin, nous avons des cahiers de Stanislas corrigés par ses maîtres, ainsi que ses notes à caractère religieux. En fait, l’enseignement abordait les différentes problématiques religieuses afin de préparer les élèves à les affronter en les fortifiant dans leur foi. Stanislas passait son temps libre à lire et à prier. Faute de temps, il passait ses nuits en prière en s’adonnant à l’ascèse et à la flagellation. Une telle conduite de Stanislas déplaisait aux autres élèves, mais aussi aux maîtres et à son frère. Ils la considéraient comme immorale et prenaient Stanislas pour quelqu’un de bizarre. Ils essayèrent de changer son attitude en commençant par le nommer « jésuite » ou « moine » et ensuite en le menaçant et en le maltraitant pour remettre Stanislas sur le bon chemin. Ce dernier, malgré lui, essaya de leur plaire en s’inscrivant en cours de dance. En décembre 1565, il tombe gravement malade. D’après son propre récit, il se croyait déjà mort sans recevoir la dernière communion puisque le propriétaire de la maison ne voulait pas faire entrer un prêtre catholique. C’est sainte Barbara, la patronne de la bonne mort, à qui Stanislas adressa ses prières, qui est venue avec deux anges lui apporter le saint Viatique. Il a également reçu la visite de la Sainte Vierge qui lui a remis l’enfant Jésus entre ses bras. C’est elle qui l’a guéri en lui demandant d’entrer dans la Compagnie de Jésus.

Ce n’était pas dans l’usage des jésuites de recevoir un candidat sans l’approbation de ses parents. Or Stanislas était lucide concernant la réponse de ses parents. En conséquence, dans un élan de zèle, il a préparé minutieusement sa fuite. C’était le 10 août 1567. La légende a véhiculé beaucoup d’événements miraculeux liés à cette évasion, mais la vérité nous est dévoilée dans la lettre de Stanislas. D’après les conseils de son confesseur père François Antonio qui connaissait l’intention de Stanislas, ce dernier se met en route en direction d’Augsbourg, car en allant à Rome il risquer de se faire facilement capturer. Il voulait rencontrer le provincial d’Allemagne saint Pierre Canisius. Sur le chemin, d’après son confesseur, le futur candidat a reçu la communion des mains d’un ange dans une église protestante qu’il croyait catholique. Ne trouvant pas le provincial à Augsbourg, Stanislas continue son chemin jusqu’à Dilingen éloigné de 650 km de Vienne. Là-bas, les jésuites y tenaient un collège. Stanislas est reçu à l’essai dans la Compagnie de Jésus. On lui demanda de faire le ménage et travailler à la cuisine. Stanislas vit douloureusement cette obédience. Ayant confiance en Dieu, il remplit sa tâche consciencieusement. Pierre Canisius, à son retour à Dilingen, décide de ne pas garder Stanislas dans sa province de peur d’attirer la colère des parents du jeune candidat sur les jésuites viennois. Et puisque Stanislas jouit d’une excellente réputation auprès de ses supérieurs à Dilingen, alors le provincial décide de l’envoyer à Rome, ainsi que deux autres jeunes jésuites, avec une lettre de recommandation adressée au général de la Compagnie. La route était laborieuse et longue. Les trois jeunes hommes l’ont fait majoritairement à pied. Le 28 octobre 1567, ils arrivent à Rome.

Stanislas est reçu au noviciat situé tout près de l’église de saint André. Le noviciat comptait à cette période 40 novices dont 4 polonais. Son programme était simple : prière, travail intellectuel et physique, service rendu au couvent et dans les hôpitaux, conférences du maître des novices ou d’invités, discussions sur la vie intérieure et celle de l’Église. Le jeune Stanislas était heureux d’accomplir son désir de vie consacrée, mais son père par tous les moyens essayait de le détourner de ce chemin. Il lui écrivait des lettres pleines de reproches ou de menaces. Suivant le conseil de ses supérieurs, Stanislas répondait à son père en lui demandant de rendre grâce à Dieu pour le choix qu’Il avait posé sur lui en l’appelant à son service. En février 1568, Stanislas change de lieu et quitte le collège des jésuites où habitait le général de la Compagnie pour la maison de saint André au Quirinal où il restera jusqu’à sa mort.

Stanislas par sa vie exemplaire, sa maturité spirituelle et sa vie de prière édifiait son entourage. Au début de l’année 1568, il prononça ses vœux religieux. Il avait seulement 18 ans. En la fête de saint Laurent le 10 août, il écrivit une lettre à la Vierge Marie et la portait sur sa poitrine. Lors de la communion, il demanda au saint son intercession afin que Dieu lui accorde la grâce de partir de cette terre en la fête de l’Assomption. Sa demande fut entendue et le soir de ce même jour il tomba malade. Le 13 août il eut une grosse fièvre et on le déplaca à l’infirmerie. Le 14 août, des vomissements, sueurs froides et des frissons. Il cracha du sang. Il faisait tard quand on lui donna les derniers sacrements. Il demanda d’être mis sur le sol, ce que l’on a fait. Stanislas demandait pardon à tous et quand on lui donna un chapelet, il l’embrassa en murmurant : « C’est la propriété de la Sainte Vierge ».

A la question s’il avait peur, il répondit non car il avait confiance en la miséricorde divine et il acceptait la volonté de Dieu. D’après le récit d’un témoin, quand Stanislas était en prière, son visage s’éclairait d’une lueur mystérieuse. Quand l’un de ceux qui l’entouraient s’approcha pour savoir s’il avait besoin de quelque chose, Stanislas déclara voir la Sainte Vierge avec l’assemblée des vierges venant à sa rencontre. Le 15 août quelques temps après minuit, il expira. Pour être sûr de son passage vers l’éternité, on approcha de sa tête une image de la Mère de Dieu et en absence de réaction, on conclut que Stanislas était déjà de l’autre côté en se réjouissant de contempler la Sainte Vierge au ciel.

Son culte est né instantanément. La nouvelle de l’odeur de sainteté d’un jeune polonais s’est répandue à Rome. Les pères âgés venaient embrasser le corps de Stanislas avec piété. Contre l’usage du couvent, on a décoré son corps de fleurs. Saint François Borgia, le général de la Compagnie, ordonna de déposer son corps dans un cercueil en bois, mesure exceptionnelle à cette époque. Toujours à sa demande, le maître du noviciat écrit un court récit sur la vie de Stanislas qui a été communiqué dans toutes les maisons de la Compagnie de Jésus. Par la suite, le père Warszewicki composa une plus longue biographie. Quand, deux ans après la mort de Stanislas, les frères religieux sont venus demander sa relique, on a découvert que son corps était intact.

Néanmoins, le procès de canonisation a pris son temps. Dans les années 1602-1604, le pape Clemens VII a autorisé son culte et le pape Paul V, le 18 février 1605 a permis d’accrocher le tableau du saint dans l’église de saint André à Rome avec les luminaires et les exvotos. En 1606, Stanislas est proclamé bienheureux par Paul V, d’abord à Rome en l’église de saint André et ensuite en Pologne. Stanislas était le premier bienheureux de la Compagnie de Jésus. Le pape Clemens X, en 1670, autorisa la Compagnie à dire la Messe et le bréviaire en mémoire du bienheureux le 13 novembre. Le même pape en 1674 le déclara patron du Royaume de Pologne et de la Grande Principauté de Lituanie. Le décret pour la canonisation sorti en 1714 par le pape Clemens XI, en raison du décès de ce dernier, ne peut être célébré officiellement que le 31 décembre 1726 avec le nouveau pape Benoit XIV. Le même jour un autre saint décédé en 1591 est élevé sur les autels, Louis de Gonzague. Le pape Jean XXIII propose saint Stanislas comme patron particulier de la jeunesse polonaise. Les reliques du saint sont toujours présentes à l’église de saint André à Rome. Depuis 1671, saint Stanislas est le patron de la Pologne et de la Lituanie, mais le devient aussi pour l’archidiocèse de Lodz, de Varsovie, de Plock, de Gniezno, de Lublin, de Lvov, de Poznan. Il est aussi le protecteur des étudiants et des jeunes jésuites.

On croit que la victoire de la Pologne sur la Turquie en 1621 à Chocim est due à l’intercession de saint Stanislas, car le même jour le père Oborski s.j. a vu notre saint dans le ciel en train de prier la Mère de Dieu. Le roi Jean Casimir lui attribue également la victoire à Beresteczko en 1651.

Saint Stanislas Kostka est représenté sur les images en habit de jésuite avec les différents attributs : l’ange qui lui donne la Communion, l’Enfant Jésus dans ses bras, le Crucifix, le bâton du pèlerin, la fleur de lys, la Mère de Dieu et le chapelet.

Traduit du polonais de la page www.brewiarz.pl